lundi 25 juin 2012

Je n'aime rien... et alors ?

Je devrais vous souhaiter la bienvenue mais ça ne collerait pas vraiment avec l'ambiance. Comme je n'ai à priori rien contre vous je ne vais pas non-plus vous insulter ça n'aurait aucun sens.

A défaut de me présenter, vu que vous vous souciez certainement de mon existence "en vrai" comme d'une guigne, je vais vaguement présenter ce blog qui explique le titre du présent message.

Tu n'aimes rien, tu fais chier, arrête un peu de râler sans arrêt après tout et tout-le-monde doit être mon deuxième prénom tant j'entends cette phrase rituelle me tinter aux oreilles. Dans un sens ça n'est pas complètement faux, je m'inscris dans une vieille tradition gauloise acquise depuis que Lustucru s'est fait piquer son manuscrit de "La Guerre des Gaules" par un obscur centurion nommé Jules César (j'invite ceux qui ne comprennent pas à relire l’œuvre de Pierre Gripari).

Car oui : je râle, je gueule, je peste, je tonne et je maugrée. Parfois je grommelle, il m'arrive très souvent de grincer des dents ou d'argumenter d'un ton acerbe une actualité ou la réflexion d'un badaud. Souvent je maudis ci ou ça quand ils m'en donnent l'occasion.

Je ne suis certainement pas Desproges et je ne cherche pas à l'imiter mais le but de ce blog se rapproche bien des "Chroniques de la Haine ordinaire" puisque je compte vous faire partager justement ces invectives quotidiennes qui sont pour moi autant de hurlements primaires à but exclusivement thérapeutique. Je ne suis pas non-plus un fin analyste politique ou économique, je me situe un peu au-dessus du pilier de comptoir pour la diction mais bien en-dessous quand il s'agit de football, il faut admettre ses lacunes.

Quel est le principe du HPT (Hurlement Primaire Thérapeutique) ? Ce concept a été mis en forme par le philosophe Jean-Marie Bigard (qui est autant philosophe que Dieudonné n'est comique) et s'illustre de la manière la plus simple qui soit : agitez une bouteille de soda toute la journée, le soir ouvrez-la. Eh oui : on se prend tout dans la tronche. Agitez-la régulièrement en ouvrant un peu le bouchon à chaque fois et vous pourrez en boire le contenu. Agitez-la sans le bouchon et vous passerez pour un imbécile mais c'est votre problème.

Tout bricoleur qui se fiche un coup de marteau sur le doigt, toute personne dont l'orteil nu est venu frapper un bord de meuble, tout quidam qui choit en ayant marché sur un lacet, tout guitariste dont la dernière chanterelle a pété au moment de l'accordage a un jour poussé ce hurlement dans sa langue maternelle ou dans sa langue de naissance, à savoir ce babillage incompréhensible et inarticulé qui sort du plus profond de la gorge et alerte les voisins à 3 pâtés de maison à la ronde, suivi d'un nombre incalculable d'invectives et d'injures à l'encontre du mauvais sort puisqu'on n'a même pas à ce moment le plaisir fugace d'une vengeance ou du report de la faute sur un être de chair à qui l'on pourrait immédiatement rendre cette douleur.

Oui : c'est mal. Oui, être méchant c'est pas bien. Mais c'est encore un droit, pour autant que je sache, c'est presque devenu un devoir tant notre époque me semble envahie par la guimauve des bisounours anonymes qui peuplent les forums et commentaires des divers sites du web, fustigeant ceux qui ne sont pas d'accord avec eux (oui, les bisounours sont gentils uniquement entre eux, il ne faut pas exagérer mais ça sera l'objet d'un autre message). Parce qu'ici je ne souhaite faire que ça : donner MON point de vue, MON avis sur des choses qui m'énervent. Je laisse aux bien-pensants et autres bobos désœuvrés le soin de voir le monde sans généralités, j'estime qu'il est parfaitement prétentieux de s'imaginer unique au point de n'entrer dans aucune catégorie ; de par le fait, si moi je peux entrer dans une catégorie alors pourquoi pas mon facteur ?

Donc ici je vais ME faire plaisir avant tout à vomir mes acidités régulières contre un peu tout et n'importe quoi. Le but non-avoué est aussi de me dérouiller le phrasé et de titiller la formule en me remettant un peu à l'écriture. Que les plus crétins d'entre-vous ajoutent A mon avis perso qui n'engage que moi et que je ne considère pas comme une vérité universelle devant chaque phrase pour les rassurer vu que je n'ai pas envie de le faire moi-même. Les autres l'auront compris d'eux-mêmes et me foutront la paix. Évidemment je reste seul maître à bord et je dégagerai joyeusement les commentaires "et toi tu t'es pas regardé, d'abord" et autres appels à une sacro-sainte tolérance (qui se résume souvent à "tolère ce que moi je peux tolérer").

Pourquoi tant de haine ?

Parce que.

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